Phénomène des « mules »: Gabriel Serville alerte Bernard Cazeneuve.

Retrouvez ci-dessous la question écrite adressée par Gabriel Serville au ministre de l’intérieur:

Question: M. Gabriel Serville attire l’attention de M. le ministre de l’intérieur sur le phénomène de « mules » qui sévit entre la Guyane et l’hexagone. En effet, de plus en plus de jeunes Guyanais s’adonnent, au péril de leur vie et de leur liberté, au transport de stupéfiants entre la Guyane, porte d’entrée de l’Europe en Amérique du Sud et la France hexagonale. En quelques années, la Guyane s’est muée en plaque tournante du trafic de cocaïne à destination du marché européen. En 2015, le phénomène a pris une ampleur considérable. À la mi-avril 2016, la direction générale des douanes a publié son bilan 2015 qui recense 17 tonnes de drogue saisies en 2015 contre 7 l’année précédente dont 355 kilogrammes saisis à Orly provenant à 80 % de Guyane. La situation sociale précaire qui sévit dans ce territoire produit un effet d’aubaine dont profitent les narcotrafiquants. Puisqu’il y a là un bassin de jeunes mal informés, désœuvrés ou en manque de perspectives, il devient aisé pour les trafiquants de recruter certains d’entre eux et d’en faire une main d’œuvre bon marché en vue transporter de la drogue. Aussi la surveillance accrue des bagages au sein des aéroports, provoquée par l’instauration de l’état d’urgence a amené les trafiquants de stupéfiants à revoir le mode opératoire. Désormais, afin que la drogue échappe aux contrôles renforcés de bagages, les trafiquants ont davantage recours aux « mules ». Il s’agit de jeunes passeurs recrutés pour ingérer des capsules de drogue et effectuer un trajet par avion contre une rétribution de quelques milliers d’euros. Ces mules s’exposent, au cours et après un long trajet en avion, à un danger de mort. Le risque que les capsules de plastique cèdent dans le système gastro-intestinal, provoquent une hémorragie interne et la mort par overdose reste présent jusqu’à excrétion complète des capsules. Le cas, en mars 2016, d’une jeune victime de 21 ans prise de convulsions avant l’atterrissage de son avion à l’aéroport d’Orly et succombant à la mort dans l’hôpital parisien où elle avait été conduite en urgence, en est une affligeante démonstration. Si la lutte contre le trafic de stupéfiants et la prévention de la toxicomanie bénéficient de moyens importants, l’on peut déplorer le manque de dispositifs préventifs visant à endiguer à la source le recrutement des jeunes vulnérables. Il lui demande de bien vouloir lui décliner les mesures préventives et répressives qu’il entend déployer concrètement et durablement afin de mettre fin à ce trafic lucratif de la mort.

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